Face au développement de nouvelles vulnérabilités corporelles, les objets personnels jouent un rôle essentiel dans la préservation de l’identité et le maintien des habitudes quotidiennes. Dans le cadre du soin à domicile, le chez-soi devient un espace d’ajustement : les objets existants sont observés et évalués au regard de leur efficacité et de leur sécurité d’usage. Ce regard porté sur l’ordinaire conduit ainsi à des adaptations ou à leur remplacement par des dispositifs spécifiquement conçus. Or ce sont alors les expériences de vie des habitants qui façonnent les usages des objets et leur attribuent des significations singulières ; les objets ne sont pas seulement utilisés, ils sont investis, réparés, ajustés, et parfois détournés en fonction des besoins, des contraintes et des trajectoires individuelles. Le design pourrait-il permettre de préserver et valoriser la valeur affective et identitaire des objets personnels et les gestes qui leur sont rattachés ?Dans quelle mesure ces pratiques de transformation, qu’elles soient autonomes ou accompagnées, permettent-elles de maintenir une familiarité ?

En nous appuyant sur les apports de la recherche par le design, telles que les approches de design participatif et de care design, les Cultural Probes de Gaver et al. (1999), nous souhaiterions ouvrir des espaces de dialogue et d’expressions sensibles, favorisant la participation des habitants et révélant les ajustements et les pratiques ordinaires souvent invisibilisées.


 











24/11/25

Les collages pour les ateliers : mettre à nu les objets, sans accroche, poignée ni élément d’interaction. Aller à l’essentiel, pour que les participants puissent se les approprier le plus possible.
Permettre des extrapolations, des accentuations de certaines fonctions.


22/11/25

Début de la collecte des objets pour les ateliers. Nous nous rendons à Emmaüs, à l’extérieur, où se trouvent les objets et la vaisselle vendus à la pièce. Nous cherchons des objets communs mais possédant des caractéristiques particulières : une prise en main spécifique, un relief, une couleur, une ou deux anses… le plus de propositions possible.

Il a gelé pendant la nuit ; les objets sont froids et remplis de glaçons. Je pose un verre sur la table et il glisse jusqu’à l’autre bout : la table n’est pas droite. Je n’arrive pas à décoller les assiettes. Mon père et moi sommes hilares. Au bout du compte, ce sont vingt-quatre objets qui sont sélectionnés et mis de côté pour les ateliers. Nous reviendrons affiner notre sélection dans les prochaines semaines.



20/11/25

«  Le travail gigantesque de ma continuité et une myriade d’objets usées dont il faut prendre soin : voici donc les principaux ingrédients du contre-récit que la maintenance invite à écrire pour résister à l’obsession aveuglante de l’innovation. » p37

Denis, J., & Pontille, D. (2022). Le soin des choses : Politiques de la maintenance. La Découverte.





19/11/25

Lecture de  Denis, J., & Pontille, D. (2022). Le soin des choses : Politiques de la maintenance. La Découverte.

«la maintenance passe par un contact avec la matière au gré duquel, en mobilisant le regard, mais aussi le toucher, l’ouie ou l’odorat, les personnes qui prenant soin des choses s’attachent à les laisser s’exprimer. Cette enquête incertaine, ouverte à l’imprévu, montre que la maintenance est aussi un art de faire connaissance avec les choses à même leur surface. » p25

L’ajustement n’est pas à proprement parler de la maintenance, ni de la réparation, mais plutôt une forme de persistance, de résistance, de préservation dynamique des objets.




«la maintenance est avant tout une manière de faire du temps un problème »p26

Les ajustements ne sont pas uniquement fait dans le but de garder les objets quotidiens le plus longtemps possible, mais d’éviter une rupture brutale au moment ou l’objet apparaît comme inadapté aux interactions du corps. Il ne s’agit pas de préserver l’objet coûte que coûte et peut être ainsi rentrer dans une vision figée du chez-soi, mais d’éviter une séparation brutale et non désirée. C’est laisser l’habitant décider à son rythme du moment où il souhaite ne plus utiliser son objet. Notion de “ralentissement” évoquée par Denis & Pontille.




17/11/25

Expérimenter avec les cyanotypes d'objets quotidiens oblige à saisir un instant de lumière dans un coin précis de son habitation pour réaliser l'expérience. Une fois la feuille lavée et l'ombre figée on se rend compte que seul l'habitant peut traduire ce qui s'y révèle vraiment. Les formes se mélangent, se floutent, se déforment. L'habitant peut lui reconnaître ses objets quotidiens là où on ne pourrait voir que des silhouettes indistinctes.



14/11/25

Projets de Leonor Hipolito

“ Apparatus comprises a range of works reproduced after medical tools and fashioned out of tree trunks and branches. Delicately handmade, allowing the wood grain and shape to subtly influence the final form, these ‘tools' serve as reminders of our relationship to the natural world. “
text by Matt Blomeley for ObjectSpace, Auckland


Projects / Leonor Hipólito




13/11/25

Aujourd’hui expérimentations autour de la fourchette, déformation, alourdissement et allongement de la forme. ( bonus brosse)



12/11/25

Je vais m’installer un petit setup pour prendre des photos d’ajustements au fur et à mesure, fond blanc pour le moment. Je vais commencer par les bouchons de carafes. l’idée serait d’avoir une base de photos à montrer lors des ateliers afin d’aider les participants à se projeter et à se réaproprier les pièces composantes des ajustements, ici par exemple les bouchons de carafes. On retrouve l’idée d’hybridations et de chymères de Roxane Andres. 



ref du jour :  Lost In Sofa chair by Daisuke Motogi




10/11/25

 Il s’agirait moins de concevoir des solutions finies que de créer les conditions, les supports ou les impulsions permettant aux habitants de réaliser leurs propres ajustements, révélant ainsi leur capacité à co-concevoir leur environnement quotidien. Cette recherche s’ancre alors dans une forme de méta-design.  Comme le soulignent Fischer et Giaccardi (2006), le méta-design consiste à concevoir les conditions permettant aux utilisateurs de devenir co-concepteurs.

Fischer, G., & Giaccardi, E. (2006). Meta-design: A framework for the future of end-user development. In H. Lieberman, F. Paternò, & V. Wulf (Eds.), End User Development (pp. 427–457)


“     Le rôle du designer peut justement résider dans le fait de permettre et favoriser l’émergence du dispositif de méta conception. En tant qu’expert de la créativité, impliqué dans un projet pour ses qualités supposées de créateur et de concepteur de nouveauté, le designer est le mieux placé pour redistribuer ses propres qualités, à condition de s’effacer pour laisser apparaître la créativité et les intentions de l’ensemble des acteurs du système. En cessant de concentrer sur lui et en lui les qualités attendues dans l’évolution du système, il permet à ces qualités de se redistribuer, de circuler entre les acteurs, avec pour objectif personnel de participer à l’élaboration d’une solution qui soit la plus satisfaisante possible pour les acteurs auxquels cette solution est destinée. Cette nécessité d’effacement d’une position occupée est probablement un préalable à l’initialisation d’un processus de métadesign.
    Le processus global intègre la conception des outils de conception et fournit le cadre du projet, le contexte de la problématisation. Ce processus est indéterminé a priori mais peut commencer par la formulation des bénéfices attendus et la fluidification des rôles des acteurs. Il est aussi et surtout fondé sur l’acceptation du désir humain d’une évolution qui passe par la transformation de son environnement. Ce désir n’est pas propre au designer et la question du métadesign est une question relative à la nature de l’homme. “
Le Guennec, Y. (2016). Le métadesign, ou comment l’expérience doit échapper au designer. Sciences du Design, 4(2), 124–127. https://doi.org/10.3917/sdd.004.0124




08/11/25

“Guidelines and ATs were extracted from highly cited publications of renowned researchers in the field. There are many common items among the guidelines and scales. Keywords include choice, independence, privacy, personalization, control, freedom, and self-continuity. Among them, freedom, independence, control, and choice are 4 domains that are most frequently mentioned. Although privacy and personalization of space are also frequently mentioned, both items can be grouped under the concept of “control” (control of privacy and control over personal space). The 4 domains are comprehensive, yet mutually exclusive, and best summarize attributes of autonomy mentioned in guidelines and ATs. Therefore, the 4 domains of autonomy are represented by the keywords freedom, independence, control, and choice in this study.


Based on a synthesis of the definitions of the 4 concepts in DGs and ATs, this study defines the 4 domains of autonomy of residents as follows:
  • Freedom: acting within a certain realm without limitation or regulation.
  • Independence: participating in daily activities, to the extent possible within the scope of individual abilities.
  • Control: exerting influence on environment and events.
  • Choice: selecting meaningful options related to environments and activities. ”



Li, J. (2023). Autonomy-supportive environments for people with dementia: An evidence-based review. Interdisciplinary Nursing Research, 2(3), 188–199. https://doi.org/10.1097/NR9.0000000000000036



07/11/25


La mise de côté des objets inadaptés : combien de temps mettons nous de côté l'objet, à quel moment celui ci est abandonné ou oublié ? Pendant combien de temps espérons nous encore le réactiver un jour ? Comment se manifeste, se forme la résignation d'un objet ? En amont des vulnérabilités, après leur arrivée, pourquoi les ergothérapeutes notent des activités abandonnées très tôt ? À quel moment ces objets mis de côté ne sont plus pris en compte ou sont ils toujours une preuve douloureuse d'une résignation ? Où sont ils rangés ?


" que savons nous de la manière dont les choses évoluent, vieillissement, perdurent ? Et sommes nous capables de comprendre l'attachement de celles et ceux qui travaillent à les faire durer, voire les obligations qui lient les uns et les unes aux autres ?"
Denis, J., & Pontille, D. (2022). Le soin des choses : Politiques de la maintenance, p13


Nous vieillissons nos choses aussi, peut ont vieillir le plus longtemps possible avec nos choses, nos objets ?


D'un geste à l'autre, la maintenance est faite de gestes qui entretiennent, prennent soin, préviennent. Alors que certains gestes sont abandonnés, la maintenance pourrait permettre d'en valoriser d'autres, voire d'en découvrir de nouveaux.


06/11/25


J’ai retrouvé la référence de la canne ajustée pour le picnic :

“Two young women are out taking a country walk. They are carrying walking sticks and knapsacks and are walking with their dog. The two girls sit down and stick their sticks into the ground. Small metal clamps are attached to the walking sticks which fold out to provide useful holders for cups and plates. The girls have a picnic - complete with tea from a thermos flask - without putting their plates on the ground. " WALKSTICKS (issue title - STREAMLANED) - British Pathé, 1937


"Real Things Dominoes is a prototype for an accessible toy developed as part of Limbrick’s research whilst teaching at London College of Furniture in the late-1970s. It consists of matched pairs of dominoes which, instead of spots, have items like hinges, bottle caps and house numbers. The items used are common and are varied in appearance, colour, and texture, which enables people who are partially sighted or who have sight loss to play the game. The physicality the tiles was intended to make them more appealing to a young audience, as was the use of familiar objects and bright colours."
Real Things DominoesSet of Dominoes1979  Limbrick, Roger (designer), V&A

05/11/25



“With time, though, Cindy regained her ability to walk and started to find a “new normal.” She got great care from occupational therapists, physical therapists, physicians, and prosthetists. But over time she found that the standard tools provided to her, even at a top-flight rehab hospital, didn’t facilitate some of the most important things she wanted to recover—how to write a thank you note, feed herself, put on makeup and jewelry, turn the pages in a picture book as she reads to her grandchildren. So Cindy started to design and build what she needed. From small hacks on her hand cream jar to repurposing cable ties for pulling out drawers and salad tongs for holding a sandwich, Cindy has embraced an everyday engineering ethic that she never thought possible.
(...)
Cindy’s adaptations say something powerful about health and wellbeing, and the tools that make those things possible. Medical technology and skilled clinicians sustained her life, but getting to a “new normal” turned out not to be a high-tech matter. These inventions—repurposed household objects, simple materials, clever hacks—give her something that pain medications and medical gear cannot: a life tailored, customized, tuned to her wishes and aspirations. This is a story about surviving a radical life change in the company of experts but also with one’s own ingenuity. Today Cindy has gotten relicensed to drive, has traveled to Europe, and goes out on her own to visit friends or to shop. ”


Engineering at Home | Adaptations




24/10/25

Je m'intéresse au parallèle entre l'objet quotidien statique et ce même objet mis en mouvement. C'est dans cette mise en mouvement que l'habitant prend le plus souvent conscience de ses propres difficultés, mais également des défauts de l'objet par rapport à sa propre situation singulière. L'objet peut être gardé statique longtemps alors que l'habitant nourrit une forme de déni de ses propres capacités et/ou de l'évolution de sa situation. Tant qu'il n'est pas mis en mouvement de nouveau, l'habitant peut s'imaginer l'utiliser. Le choix de le remplacer, de l'adapter, de le mettre de côté s'impose lors de la mise en mouvement. Car plus encore que de pouvoir encore faire, actionner l'objet, le mettre en mouvement, la personne se retrouve confrontée au fait de ne plus pouvoir faire le geste tel qu'elle aimait le faire, à sa façon. Pouvoir encore faire le geste est alors déjà un appauvrissement parfois, par rapport au pouvoir faire le geste comme on aimait le faire.

On peut se demander alors si le fait de figer certains objets, voire de les sacraliser, comme c'est le cas de nombreuses personnes en situation de vulnérabilité, peut être lié en partie au fait de les garder statiques par peur d’une forme de réalisation lors de la mise en mouvement. Les objets restent inchangés et à une place précise ; tout mouvement est mal vécu par l'habitant, et peut-être n'est-ce pas uniquement par rapport à la représentation du chez-soi et à la peur de voir celui-ci changer. Parfois cela peut être dû à la peur qu'une fois déplacés, les objets révèlent des difficultés nouvelles du corps. Ainsi, plus l'objet est gardé statique longtemps — des années — plus il sera difficile de le mettre en mouvement, car le corps aura eu le temps de changer. Il se créerait alors une distance entre le chez-soi et l'habitant, un décalage vers l'inconnu dans le connu, pouvant amener à une forme de déracinement.



23/10/25


Le porte-monnaie, portefeuille


  • Pourquoi m’a-t-il fallu autant de temps pour adopter un portefeuille ?

  • Pourquoi la seule carte que je n’y range pas est celle du métro ?

  • Pourquoi un portefeuille en cuir dans un sac en simili cuir ?

  • Pourquoi j’y range mon argent mais pas mes reçus et factures que je laisse en vrac dans le sac ?

  • Est-ce une manière de voir le verre à moitié plein ?

  • Pourquoi est-ce que je range également, avec les pièces dans le compartiment de petite monnaie, des bijoux ?

  • J’y fais sécher des feuilles des chemins, est-ce un porte-feuilles ?

  • Pourquoi est-ce que je ne sais jamais combien d’argent il contient ? (compter) (à compter :)

  • Pourquoi est-ce important pour moi qu’il soit de la même couleur que le sac, alors qu’il n’est pas de la même matière ?

  • Pourquoi est-ce important pour moi qu’il ait eu une vie avant d’arriver dans mon sac ?

  • Est-ce un objet que j’ai adopté car je m’inspire de ceux de mes parents ?

  • Pourquoi, alors que j’y tiens, cela ne me dérangerait-il pas si une amie avait exactement le même ? (Elle me l’a déjà demandé sans réussir à le trouver.)

  • Pourquoi est-ce important pour moi qu’il ait de la valeur ?

  • Pourquoi ai-je gardé la fausse carte en papier fournie avec ?

  • Ai-je gardé la fausse carte en papier parce que je trouvais intéressant qu’un article de seconde main ait encore des particularités d’un neuf ?

  • Résiste-t-il à l’eau ?

  • Combien contient-il de pièces ?

  • Combien contient-il de cartes ?

  • Combien de grammes pèse-t-il ?


22/10/25

Je m’arrête sur l’exercice 2, « Série de questions », de Nicolas Nova dans son livre Exercices d’observation.
25 questions afin d’ouvrir un « espace d’observation » des objets qui nous entourent et dépasser le regard rapide pour les approcher plus en profondeur. Je me demande si un exercice de ce type pourrait être intéressant pour les habitants mais également pour les ergothérapeutes.
« Pourquoi cet habitant tient-il à avoir certains objets devant lui à table alors qu’il ne s’en sert pas régulièrement ? Pourquoi tient-il à garder sur lui ou dans son sac des objets dont il n’a pas besoin lorsqu’il sort de chez lui, au risque de les perdre ? »
Je compte pratiquer l’exercice, voire le proposer lors d’entretiens.

L’ergothérapeute (comme me le raconte F.) fait faire à l’habitant ses gestes quotidiens afin de les observer sans qu’il ne s’en rende forcément compte. Elle accepte de prendre un café, même si parfois elle n’en veut pas, non pas uniquement par politesse mais pour voir l’habitant faire le café, actionner les objets. Il semblerait alors intéressant d’ajouter à cette observation silencieuse le ressenti de l’habitant en lui demandant de décrire ce qui constitue pour lui le fait de faire le café. Qu’il décrive les objets utilisés, comment il les perçoit, quel café il aime, quelle température, combien de tasses à la fois, s’il le réchauffe dans la journée, et bien d’autres gestes et habitudes rattachés qui dépassent la simple utilisation de la tasse ou de la machine. Les exercices d’observation de Nicolas Nova pourraient se transposer en demandant de décrire tout le rituel à l’habitant, ou en mettant en place une série de questions à poser sur la tasse à café par exemple, et à pmartir de cela reconstituer une cartographie de l’habitude. Ainsi, on se concentrerait sur un objet pour en faire découler les autres, car demander de décrire les rituels du matin, de la toilette ou du coucher de manière plus générale peut amener à des oublis ou à un potentiel décalage avec les capacités réelles. Mais partir d’un objet en particulier, d’un outil ou d’une machine donne un cadre peut-être plus facilement appréhendable pour l’habitant et qui pourrait aboutir à une vision plus large, comme le font déjà les ergothérapeutes. Peut-être est-il intéressant, voire important, de lier l’observation du professionnel et les mises en situation avec le ressenti de l’habitant par un exercice d’auto-description.




20/10/25

Porjet passionnant :  Le Service d’art à domicile
“ Les artistes Yaëlle Antoine (metteuse en scène de la Cie d’Elles), Fred Naud (auteur conteur), les équipes de Derrière Le Hublot, de vives voies, les auxiliaires de vie sociale et aides-soignantes de l’association d’aide à domicile en milieu rural (ADMR) du Pays de Capdenac ont été les parties prenantes de cette phase d’enquête. Cette étape d’immersion et d’investigation collective a pu explorer les quotidiens, les gestes, les savoirs-faire mais également les « poétiques de la relation » à l’œuvre dans les activités de ces « femmes du lien » qui sillonnent les territoires ruraux de la région et passent de lignes de vie en ligne de vie en opérant des nœuds de relation, des liens tout à fait indispensables et indiscutablement précieux. “ 

 “L’artiste doit improviser en fonction de la personne rencontrée (et de ses pathologies), du foyer, du temps attribué (allant d’une à quatre heures), de l’auxiliaire de vie, ou encore de la présence d’autres personnes.”
Huguet, F., & Royer, M. (2024). Partager le soin de proximité. Conception d’un service d’art à domicile en ruralité. Revue française des affaires sociales, (242), 49–70. Éditions DREES, Ministère de la Santé.

“on y repense entre les rendez-vous, ça me motive car après tout on s’intéresse à nous, c’est valorisant. Ce n’est pas que le moment de la rencontre, c’est l’avant et l’après.”  Claudine Olivier, participante du service d’art à domicile, habitante 

° Service d’art à domicile | Derrière Le Hublot

° Le Service d’art à domicile se dévoile en vidéos | Derrière Le Hublot



Autre projet intéressant rappellant les Cultural Probes, La lettre à la mer de A vos soins 
La lettre à la mer - A Vos Soins



Aussi, le livre Oberih du collectif Understructures qui aborde la crise et les déplacement de population dans le cadre de la guerre en Ukraine par les objets quotidien comme preuve de résistance et de deuil. 


Oberih - The NewBridge Project





16/10/25

Je m’interroge aujourd’hui sur la mise de côté des objets du quotidien. Lorsque le corps développe des difficultés à utiliser un objet, que celui-ci est remplacé — définitivement ou temporairement — que devient-il ? Où est-il rangé ? Certains le mettent de côté, hors de vue, au fond d’un tiroir ou d’une armoire, pour éviter le rappel à une incapacité ou à une frustration. D’autres le gardent en évidence, et l’objet devient décoratif et non plus d’usage quotidien. Ils passent d’un usage courant à des objets mis de côté, parfois oubliés, et incarnent une forme de résistance, alors que son propriétaire doit justifier le fait de vouloir les garder alors qu’ils ne servent plus.
C’est alors interroger cette forme de deuil, de résignation, ce changement de statut de l’objet — de l’usage au symbole de la perte, de l’objet choisi, cherché, déniché, à l’objet qui désormais reste sur le côté.
Alors, il semble que plus l’objet remplaçant est décevant, incohérent, détonant, et plus l’objet remplacé manque, rendant sa mise de côté douloureuse. Comme Pierre et son couteau, il arrive qu’une phase de va-et-vient se mette en place entre les deux objets — entre résistance et usage de l’objet — dans une recherche de continuité, puis d’intégration, voire d’acceptation progressive de l’objet remplaçant.

Comme l’objet quotidien déjà existant dans le domicile peut il alors être consolidé, comme aider à la résistance, comment éviter le sentiment de dépossession ?



14/10/25  

Tâtonner pour ajuster un objet implique de le décomposer un peu, de comprendre s’il manque une anse, un pied, une attache, une butée, un poids. Il s’agit de comprendre ce qui compose sa forme et ce qui pourrait lui manquer.




Je m’intéresse au concept de salutogenèse appliqué à mon sujet. C’est une approche centrée sur les ressources plutôt que sur les manques, valorisant la connaissance de l’habitant de ses vulnérabilités et sa capacité à être en maîtrise des moyens de soutenir sa santé et sa qualité de vie. Ainsi, on valorise les gestes de réappropriation du quotidien, de résistance et de création de sens et de continuité. La salutogénie repose sur la capacité d’une personne à comprendre, gérer et donner du sens aux situations de la vie. C’est se concentrer sur ce que la personne peut encore faire plutôt que sur ce qu’elle doit mettre de côté ou ce qui implique un trop grand effort ou trop de difficultés. Cela pourrait même aller jusqu’à la découverte de nouvelles activités, de nouveaux plaisirs, de nouvelles capacités par le faire, pour pallier des pertes par de nouvelles sources de stimulation. On ne reste alors pas seulement dans le remplacement ou le maintien des activités et habitudes, mais dans une forme d’enrichissement. Dans la logique salutogénique, créer, bricoler, adapter, ajuster ne sont pas de simples actes techniques : ce sont des gestes qui restaurent la maîtrise et le plaisir du quotidien. L’objet ajusté n’est plus une preuve de perte, mais de capacité, d’inventivité, d’imagination. On toucherait ainsi à une forme de salutogénie des objets quotidien.




13/10/25

Les ajustements d’objets quotidiens proposés par des fournisseurs sont l’une des rares formes de confrontation entre design industriel et en série et objets artisanaux. Certaines personnes, préférant s’entourer d’objets artisanaux ou anciens — je pense aux arts de la table en particulier — achèteront une pièce à ajouter à leur objet, créant ainsi un mélange entre les deux types de fabrications. Dans des cas extrêmes, ces confrontations pourraient-elles amener à des dissonances entre deux styles, deux matières, deux fabrications différentes qui ne rentreraient pas en lien ? Ou la force qu’a l’objet personnel, dans la représentation qu’en a son propriétaire — le noyau sur lequel se greffe l’ajustement —, permet-elle de dépasser, voire d’invisibiliser cette confrontation ?




10/10/25

La question de la résistance semble très importante lorsque les dynamiques d’adaptation et de remplacement des objets du quotidien se mettent en place. L’habitant va céder sur certains objets, résister sur d’autres, trouver des compromis pour beaucoup. Nous pourrions alors noter plusieurs niveaux de résistance :

  • garder l'objet en l'état et pousser le corps à faire l'effort afin de continuer à l'utiliser ;

  • ajuster l’objet mais en gardant la possibilité de revenir à l'état initial ;

  • ajuster l'objet en passant par une modification permanente (perçage, vissage...) ;

  • remplacer l'objet par un autre de même fonction mais plus adapté aux difficultés physiques.


09/10/25

Décliner, réinterpréter, reproduire des aides techniques proposées à la vente me permet de comprendre les facilités ou problématiques liées aux matériaux disponibles chez soi. Mais cet exercice met également en valeur le fait de réaliser une double adaptation : une adaptation de l’objet au corps, aux mesures et spécificités, et une adaptation à l’objet personnel qui sert de base pour la réalisation. L’ajustement ne peut marcher que pour un objet en particulier tant il est dépendant de son diamètre, de sa taille, de ses détails de forme qui viendront permettre une accroche, une butée. L’utilisation de l’ajustement semble parfois devoir se débloquer, comme s’il s’agissait de trouver la clé ou le passage pour l’actionner. Certains doivent venir épouser la forme de l’objet d’une certaine manière, en se couchant ou en se glissant, et seul son utilisateur et ajusteur connaît alors le chemin.


03/10/25

« À côté des préconisations, vous évoquez le « bricolage » des habitants. De quoi s’agit-il et pourquoi les habitants se bricolent-ils des adaptations ?

Anaïs Mary : Ce que j’appelle « bricolage », ce sont les adaptations que les interrogés font eux-mêmes avec des objets qui leur sont familiers avant de bénéficier des aides techniques préconisées par une ergothérapeute. La fonction principale de ces objets – pour laquelle ils ont d’ailleurs été initialement achetés – est détournée à des fins de maintien d’un degré d’autonomie que l’on pourrait qualifier de minimal. J’ai ainsi entendu parler d’une chaise de bureau qui permettait à un homme aux jambes extrêmement douloureuses de se déplacer, poussé par son épouse, d’une pièce à une autre de son logement. Aussi loufoques que puissent paraître ces bricolages, ils sont dans les faits capitaux. En l’absence d’adaptations dans les logements, c’est de ces bricolages que dépend l’autonomie – entendue comme le fait d’avoir la certaine maîtrise de son existence – des personnes dont l’état de santé fait peser sur elles des risques de « déprise »2 et/ou de dépendance à autrui. Sans son balai auquel elle se tenait quand elle prenait sa douche, nous dit une enquêtée âgée de plus de quatre-vingts ans, c’est à sa fille qu’elle aurait dû faire quotidiennement appel pour se laver. En dépit de la relation de grande proximité qui unissait cette femme à sa fille, faire appel à cette dernière pour se doucher était vécu par la personne interrogée comme une atteinte à son intégrité… que son balai lui permettait de garder en attendant d’avoir une douche munie de barres d’appui alliant intégrité et sécurité. Et sur ce dernier point, bien entendu, le balai ne résistait pas à la concurrence. » p7-8

Les adaptations du logement améliorent-elles vraiment la qualité de vie des personnes âgées ? Entretien croisé avec Élisabeth Hercberg, Roméo Fontaine et Anaïs Mary les entretiens par Pascal Dreyer, les entretiens Lroy Merlin Source, 2023



02/10/25


"Telle que la société regarde la vieillesse, il ne viendrait pas à l'idée des pouvoirs publics, qui effectivement versent de l'argent pour la vieillesse, que les vieux peuvent être force de proposition. La vision des vieux telle qu'elle est dans la société rend les vieux dépendants."


HLM et vieilles dentelles,
Chloé Bruhat & Aurore Le Mat, écrit par Aurore Le Mat, Chloé Bruhat, 2018  



01/10/25

Tout comme la canne-panier s’adapte selon si l’on ramasse des fleurs, des châtaignes ou des fraises, les objets aidants pourraient se diversifier et s’adapter aux situations.
Les bavoirs (vraiment un nom à revoir) pourraient dépendre de la tenue, du type de dîner et des invités.
Même chose pour les couverts adaptés, pour les bouillottes, les verres…
On peut alors cibler certaines dynamiques d’ajustement : les camouflages, les diversifications/déclinaisons, les hybridations de fonctions, les personnalisations.


30/09/25

“The user takes the role of the designer in participatory design where the user is regarded as the expert in personal dreams and as a creative person (Sanders 2005, and others), who can produce suggestions for solutions together with the designers or the researcher.” 

Mattelmäki, T. (2006). Design probes. University of Art and Design Helsinki.

Le quotidien devient terrain de jeu, les ajustements mobilisent des objets déjà présents, permettent de réinventer les choses simples, connues, familières comme matière première.
Il y a quelque chose d’intuitif à réexplorer ainsi le chez-soi, et l’habitant devient designer sans même s’en rendre compte.
Cela explique peut-être le manque de confiance alors que je les interroge sur leurs réalisations, le fait de ne pas se considérer comme ayant apporté une solution, de manquer de confiance, de ne pas partager ses idées pour qu’elles aident d’autres vivant ces situations.


29/09/25

“F - Les gens ont quand même plus de facilité à aller acheter quelque chose à Lidl ou à Super U que dans un magasin de matériel médical, ça c’est clair.
« J’ai trouvé un truc incroyable, c’est une pince qui est longue, j’ai trouvé ça à Lidl, j’ai pris ça pour ma mère, j’en ai pris un pour ma belle-mère aussi ! »
Et ce sont des choses excessivement banales dans un magasin de matériel médical mais qui sont excessivement originales à Lidl.
Il y a aussi beaucoup de gens qui commencent à aller en recyclerie dans les centres-villes, qui vont regarder, plutôt des aides à la mobilité encore une fois : déambulateur, canne, fauteuil roulant.
Y a aussi des cannes qui traversent les âges, « c’est la canne de ma grand-mère ».
Mais oui, il y a une facilité accrue d’acheter du matériel dans un magasin grand public que dans un magasin spécialisé.
Je ne sais pas si c’est un frein ou si c’est l’accès qui est facile, on passe devant et cela crée le besoin alors qu’il n’était peut-être pas là en passant devant.
Comme quand on va dans des magasins et qu’on n’a pas besoin de vêtements mais qu’on en achète.
C‘est la même chose, on le voit et on se dit que ça peut être bien, donc on le prend Du coup, il y a des gens qui sont équipés à bon escient de choses comme ça et y en a : « le fauteuil roulant était pas cher, je l’ai pris », alors que c’est pas du tout la bonne taille.
Le lieu d’achat est important J’ai vu que Ikea commençait à en sortir.”
Je tombe sur la vitrine de la marque Finally.

25/09/25

Selon un article de Claude Lirondière sur les paniers cannes et paniers à champignons il en existerait divers modèles selon ce que l’on cueille.

« Le fût est en bois de châtaignier ou de chêne, il est surmonté par un pommeau, est agrémenté du panier qui est le contenant. La canne à champignon est sou vent terminée par une férule à pique en fer. Pour les champignons, le fond est relativement plat, il mesure environ 40 cm sur 20 cm et a un volume de bonne dimension. Il est souvent placé un peu plus bas sous le pommeau. Le même modèle peut aussi servir pour cueillir les cerises sur les branches basses d’un cerisier, depuis le sol. Le panier sera alors placé plus haut, près du pommeau. Généralement, il est relativement sphérique et son ouverture est moins béante.  »

LLC44-paniers-cannes.pdf

On se rend compte que l’aide à la marche, la canne, variait selon les régions et les fonctions, et qu’on constate aujourd’hui un appauvrissement de ce patrimoine. Les raisons tiennent bien sûr au fait qu’elles ne sont plus réalisées artisanalement, et qu’elles sont contraintes par des logiques de remboursement et de budget. Mais historiquement, la canne se distingue des autres objets aidants par sa variété, sa richesse, sa personnalisation. On pourrait expliquer cela par son lien au statut social, par le fait qu’elle sorte de la maison pour représenter son propriétaire à l’extérieur, qu’elle soit perçue comme un accessoire, une continuité du vêtement, de la tenue. Au lieu d’être reléguée dans un coin de la maison, elle est assumée. Aujourd’hui, beaucoup d’habitants craignent de sortir avec, redoutent le regard des autres sur cette « preuve » évidente d’une vulnérabilité. Il s’agirait de renouer avec cette capacité à assumer son objet aidant, à se l’approprier, pour qu’il raconte autre chose de soi que simplement une vulnérabilité.


24/09/25

Je découvre le laboratoire de recherche Finally qui propose des objets aidants dignes, de belles matières, des prix abordables. Mais également des outils de discussion et aides pour échanger sur les habitudes quotidiennes. Le nom Finally vient d’une prise de conscience du fondateur Bitten Stetter qui souhaite proposer « enfin » des objets adaptés agréables et enviables, comme si le sujet avait trop longtemps traîné.


12/09/25

«  Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire de problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni questions ni réponses, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ? 
Comment parler de ces « choses communes », comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes.» Perec.G, L'infra-ordinaire, p11

« Questionnez vos petites cuillères. »
Perec.G, L'infra-ordinaire, p13


Une situation connue par cœur au point de ne plus la penser, la conscientiser, d’en être anesthésié, devient un jour un terrain miné, dangereux, inconnu. C’est ce sentiment de ne plus reconnaître un geste, une habitude, un objet, que le corps joue une tromperie ou aurait perdu sur le chemin ce qui lui appartenait. C’est le réveil des pièges dans l’ordinaire.


11/09/25

En ce début d'année je me repose les questions qui me guident. Comment dévoiler, souligner, partager quotidien et intangible ? Surtout jusqu'où le dévoiler sans en abîmer l'intime et le mystère ?

" Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'ordinaire, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, l'habituel, comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire ?" Perec.G, L'infra-ordinaire, p11


28/07/25

Je repense aux craintes des ergothérapeutes du Cicat lorsque les habitants cherchent, en amont de leur visite, des objets qui leur conviendraient par eux-mêmes et s’en fassent ainsi à l’idée, acceptant déjà certains objets comme des solutions. Selon eux, il existe alors un risque de projeter des objets qui ne seraient pas forcément les mieux adaptés à leurs difficultés. Cela concerne essentiellement les objets présentant un danger pour l’habitant, notamment en termes de sécurité ou de risque de chute.
Pourtant, certaines personnes cherchent par elles-mêmes leurs futurs objets dans les catalogues d’aides techniques et d’objets adaptés. Cette démarche est de toute évidence importante dans l’acceptation de la situation de soin, et permet à l’habitant de faire valoir sa prise de décision dès les prémices du processus d’aménagement.
Il s’agit alors d’interroger la possibilité de décision de l’habitant, son engagement et sa capacité de projection dans cette situation nouvelle, tout en le préservant des risques et de son éventuel déni.

24/07/25

Aujourd'hui Ikea lance une nouvelle gamme d'objets de salle de bain adaptés, avec tabouret de douche, marche pied et main courante. Les formes sont épurées et les couleurs s'intègrent très bien dans les salles de bain de la marque. Qu'une marque de cette taille propose une gamme d'objets adaptés, sans photos stigmatisantes, sans signalétique et codes colorés marqués, est très rare. Les objets adaptés sont intégrés dans des images d'intérieur avec références des meubles autour, mettent en scène des habitants de tout âges. Les objets et ajustements ne sont pas isolés avec un usage purement destinés à la sécurité ou au maintien, mais intègrent d'autres usages, porte serviette, porte savon...

17/07/25

A.Paliès, ergothérapeute, m’expliquait qu’il était important de multiplier les médias pour que, sur le total des propositions, au moins une forme de communication touche les habitants : entre site internet, page Facebook, flyer, journal… Il semble en être de même des ajustements. Bien que certains existent déjà — je pense aux poignées en caoutchouc amovibles — la question est d’en varier les formes et matières afin qu’au moins une proposition corresponde à la représentation qu’a l’habitant de son objet et qu’ainsi, lors de l’ajout, l’objet ne soit pas dénaturé mais permette de garder une familiarité.

Je m’intéresse alors au patronage, à Archizoom, à Jeanne Tresvaux-Du-Fraval, et à son utilisation pour de la céramique, du tissu, du crochet. Un carnet de patrons à refaire, adapter à ses besoins et la taille désirée. Un outils transposable à divers médiums en fonction de ce que les habitants ont à portée de main. C’est aussi une alternative au numérique tout en restant dans de l’open-source.



16/07/25

Comment mesurer le rapport effort / ajustement ? Quand est ce préférable d’acheter tout fait ? Quand souhaite t-on s’investir dans un ajustement ?

Entrer dans une première étape de recherche des ajustements où on respecte la matière, le rapport image perçue et mémoire de l’objet et la matière de l’ajustement. Le rapport esthétique à l’ornement, au motif, au style vient après


Double rapport de vulnérabilité corps-objets, nouveau risque de casse des objets, de chute, écho des risques entre le corps et ses objets quotidiens


15/07/25



Réparer un objet pour le préserver le plus longtemps possible, parce que c’est lui qui a besoin de soin. Mais réparer, c’est aussi ajuster un objet pour soi, parce que c’est le corps qui change et transforme la relation à cet objet. Le sens de « réparer » évolue alors : il ne s’agit pas seulement de restaurer un objet abîmé, mais de stabiliser un quotidien bouleversé, non pas pour revenir à une situation antérieure, mais pour retrouver un confort proche de ce qui était connu et apprécié. Réparer devient ainsi une manière de préserver une forme de relation aux choses et de maintenir un quotidien habitable.



27/06/25

Bilan du premier échange avec des habitants/aidants :
Les questions sont difficiles à démarrer et nécessitent des exemples de situations concrètes. Les probes sont vite compris, le jeu est compris aussi grâce aux collages déjà existants, qui eux intéressent beaucoup car ce sont des idées concrètes. À partir des collages, on me montre d’autres idées, on se souvient d’ajustements réalisés.
La légitimité encore : une personne qui tapisse des fauteuils, donc activité complexe, n’ajuste pourtant pas les objets par elle-même. Exemple très parlant des couteaux de poche, des opinels, et du contraste avec le couteau-fourchette adapté. On retrouve une certaine fierté à faire soi-même, à avoir des idées, à expliquer pourquoi certains objets ne nous conviennent pas. Il y a aussi une prise d’assurance à critiquer les objets proposés et leurs torts.

26/06/25

Après avoir rassemblé le kit pour la première fois et pour les habitants rencontrés, je réfléchis à son amélioration. Il faudrait penser à un deuxième principe pour contenir les cartes, la boîte de jeu de cartes n’est pas simple pour tout le monde. Pareil, peut-être faut-il penser à un système pour les manipuler, comme l’éventail, un objet pour les tenir, les combiner. Cela me donne envie de tester d’autres formes de probes, pour amener d’autres réactions, peut-être faire choisir aux habitants leur principe préféré à utiliser.



23/06/25

Je cherche un synonyme de incident pour les cartes à donner aux habitants. Le problème est d'éviter que les mots renvoient à des situations de vie tragiques ou de soin qui pourraient être lourds à utiliser. Par exemple, les mots accident, rupture, accrochage.



19/06/25

On a un double rapport entre l’objet d’affection qui permet de garder du familier dans le soin et de rester sur des rapports de représentations connus, et la modification de ces objets qui pose la question de la limite à partir du moment où l’objet perd en familiarité et n’est plus reconnaissable. Il y a donc un équilibre à trouver.



Comment modifier/ajuster/adapter les objets quotidiens sans perdre en affect et appauvrir leur rôle identitaire et familier ?


  • Permettre aux habitants de dévoiler un peu de leurs intangibles


  • Permettre aux habitants de prendre conscience de leur potentiel d’action


  • Permettre aux habitants de trouver des pistes ludiques et un terrain imaginatif pour jouer avec les formes et les usages



17/06/25

Le tableau des capacités techniques des habitants peut-il permettre aux personnes de prendre confiance dans leurs capacités à modifier leurs objets eux-mêmes ? Et inspirer ensuite le jeu de cartes et les combinaisons qui en naîtront ?
On m’a demandé avant un entretien si je venais avec du matériel à notre rendez-vous. J’ai aussitôt pensé : « c’est elle l’ergo, elle qui utilise du matériel et des objets que je souhaite voir, moi je n’ai que mes questions ». Alors je me demande s’il ne serait pas pertinent de venir avec quelque chose moi aussi, des pistes d’objets, des questions prenant forme physique, des objets d’interrogation.


16/06/25

J’assiste à la visio de Design en recherche sur les entretiens qualitatifs.
Je trouve très intéressante l’idée d’une cartographie des entretiens pour les habitants, pour aider à situer la manière dont la parole dérive ou revient d’un thème à l’autre. Je trouve cela particulièrement pertinent pour les entretiens chez les habitants.
Il est important de prévoir des questions dans les entretiens qui ont pour but de mettre en confiance, d’amener la discussion et non juste d’obtenir des données. Certains probes ont également pour but d’ouvrir la confiance, de construire la relation et de permettre aux autres probes d’être plus riches, de raconter de soi-même, et ne seront pas forcément utilisées dans la recherche.
Je parle dans les entretiens des autres habitants, de leur manière d’ajuster, et cela ouvre les personnes à confier des ressentis ou des ajustements qu’ils ont eux-mêmes réalisés. Je pense donc à venir pour les prochains entretiens avec des photos d’exemples, des supports visuels, et à expliciter le terrain de recherche.
Pour le jeu rhodoïd, on crée un outil ludique sans forme finale. Les trombones permettent de modifier infiniment les combinaisons. On donne un outil physique et attrayant visuellement, on les pousse à s’engager dans la démarche de projet.




15/06/25

On pense parfois à ce que l’on aimerait emmener avec nous sur une île déserte, ce que l’on aimerait sauver des flammes, déménager, trier. Ici, on se demande ce que l’on aimerait garder avec soi le plus longtemps possible. Dans ce scénario, ce n’est pas l’endroit qui change, le climat, mais notre propre corps.

Je ne pourrais pas me séparer de ma vaisselle. Ces tasses que j’ai ramenées de voyages, celles que je garde pour moi et que je ne prête pas. Elles, qui parlent entre elles et partagent des différences. Les couverts, je m’en moque. Sauf une paire de baguettes ramenée de Tokyo, du quartier d’Ueno, dont les proportions me vont.


12/06/25

Je prépare l’entretien d’I.Lepicart et je me rends compte des parallèles que je fais intuitivement, dans les questions, entre les différents entretiens que j’ai déjà pu réaliser.
Passer par des croisements d’expériences de métiers du soin semble permettre d’amener à des échanges plus riches, et de faire rebondir d’un exemple à l’autre.
Je vais ainsi croiser les mots d’une psychomotricienne avec ceux d’une aide-soignante ou d’un aidant familial, et ainsi débloquer la parole et le partage de récits de vie.
Cela marcha même avec M.Friboulet, ajusteur/maker, qui ne me partagea des situations de vie et certaines démarches de projets qu’après que je lui ai parlé d’expériences d’autres personnes — et de la mienne.




10/06/25

Je tombe sur cette phrase sur le site d’Altavie : « Table de lit : l'accessoire indispensable de votre lit médicalisé ».
Ainsi, les objets et petits mobiliers sont bien pensés en systèmes, et on les appelle accessoires. Je m’interroge alors sur le côté potentiellement enfermant, claustrophobique, de penser les ajouts et remplacements dans le domicile comme un système à compléter, des meubles déjà décriés comme lourds, imposants, auxquels viennent s’ajouter des extensions.




09/06/25

Les objets quotidiens sont des seuils entre ce qui nous représente, ce que l’on montre à l’autre, ce qu’on accepte de partager, ce qui est commun ou personnel.

Introduire des aides techniques ou objets pour mieux vivre dans le domicile c’est aussi dédier certains objets à un habitant alors que l’objet était commun jusqu’alors. Une chaise adapté est comme réservée à l’habitant vulnérable et ainsi le différencie du reste du foyer. Ces objets qui étaient partagés même si personnels ne le sont plus et ainsi on marque une différence entre les membres d’un même foyer. On retrouve la peur pour beaucoup de personnes de sortir du lot alors que l’on regarde l’espace intime. Il s’agirait de fondre les ajustements et objets adaptés dans l’existant sans que l’on puisse désigner l’utilisateur à première vue.


06/06/25

Mon échange avec Madame Leroux, psychomotrocienne, me confirma qu’il existe un véritable problème dans le choix des objets proposés pour les personnes vulnérables. Elle me raconte la difficulté de trouver des objets qui seront acceptés par les habitants, car la plupart sont porteurs de stigmates ou sont infantilisants. Si c’est le cas de l’Ehpad, un lieu commun où beaucoup d’habitants acceptent l’idée que les objets doivent répondre à des questions de praticité, d’organisation, c’est d’autant plus flagrant dans le domicile individuel. Ces objets que Marie-Pierre décrit sont ceux proposés également pour le chez-soi, reposant sur la mentalité qu’elle dénonce, celle du « c’est pour des personnes âgées / pour des Ehpad donc ça passe ». Il y a là une négligence de l’impact psychologique du rapport aux objets quotidiens sur le soin, sur ce qui fait le lieu familier, le sentiment d’appartenance et d’intimité du lieu. Cette négligence, c’est aussi celle de la richesse de l’expérience de l’objet, autant dans ce qu’il a de potentiel à rappeler des expériences vécues, mais également de l’expérience de plaisir de l’action et du geste. Ce sont des actions et gestes simples que repose en grande partie la perte ou la persévérance vis-à-vis de l’autonomie. Pour des personnes vulnérables, au domicile ou à l’Ehpad, dont les déplacements hors des murs du domicile sont limités, les actions quotidiennes ne doivent pas perdre en richesse, car elles prennent une importance souvent encore plus grande. Le soin passe par ces gestes connus, ceux de manger, de faire sa toilette, de lire, de peindre, de marcher, de boire. Et le corps, pour les réaliser, recherche du connu dans les formes, les reliefs, les odeurs et les matières pour se guider. Appauvrir les objets, c’est appauvrir l’expérience du chez-soi que l’on doit préserver au domicile individuel et retrouver à l’Ehpad.


05/06/25

Aujourd’hui, j’ai eu la chance d’échanger avec Madame Leroux, psychomotricienne, qui m’a parlé des différences dans le rapport aux objets entre l’EHPAD et le domicile, mais aussi du rapport au chez-soi lorsqu’on intègre un espace à la fois semi-privé et semi-collectif.
Cette discussion fut très enrichissante et a conforté de nombreux points, comme le rapport aux objets standardisés, à l’infantilisation, au tout-plastique, aux gestes préservés par les objets, ainsi qu’à l’importance de la qualité des objets dans les habitudes quotidiennes.


Onair


29/05/25

Je regarde mon petit vase japonais pendant que je travaille, il est face au bureau. Il est ovale et un dessin blanc et bleu représente un oiseau penché sur sa branche, se confondant presque avec les feuilles. Il me rappelle le chardonneret. Et je me rends compte que je ne me souviens plus de l’autre côté du dessin, celui côté mur. Alors j’ai l’impression de le connaître vraiment et, en même temps, de n’en connaître qu’une face.
Impossible de me souvenir de l’autre côté, comme si l’habitude de le mettre ainsi, parce que j’ai choisi ce côté, l’avait modifié et avait effacé une face qu’il me restait à redécouvrir.


23/05/25


Je regarde l’index des objets du catalogue Tous Ergo et me rend compte qu’ils ont un modèle de brosse à dent que je n’avais pas noté en feuilletant. Je vais à la page et me rend compte que ce qu’ils mettent dans l’index brosse à dent est une Y Bruch, une brosse à dents en forme de Y à préhension facile que je n’avais pas vu car elle ne ressemblait en rien à ce que j’ai l’habitude d’appeler une brosse à dent. Même constat pour le peigne et la brosse à cheveux.




20/05/25

Exercice durant l’atelier d’écriture automatique des journée doctorales de L’ED sur le sujet du corps et de la recherche :

V1 :

« après avoir fait le tour des mains de ma mère, je m’interesse à ceux qui font pour les autres, comment arrivent ils à débuter l’exercice de l’empathie ? Pensent ils au jeu, aux odeurs, aux gouts, et partent il d’un proche, un caractère particulier qui prendra chez lui les objets, la tête du matin et les cheveux ébouriffés, un visage plus qu’une pathologie, et d’un coup je pense que presque tout le monde cache quelqu’un à qui il pense à l’arrière de la tête, pour qui il doit trouver des stratégies et résoudre des énigmes, pour qui il sort un peu de son propre corps juste le temps de penser un objet, un geste, comme un élan qu’il espère inspirer, redonner, se souvenir à l’autre, aider un peu à délier le corps afin qu’avec les gestes il retrouve un peu de lui même. »

V2 :

« La tête du matin, les cheveux ébouriffés, un visage à peine réveillé, non une pathologie figée,

cherchant les odeurs de ses mains, le corps résous des énigmes, déliant les gestes quotidiens.

C’est par les objets, que certains ont débutés, l’exercice de l’empathie, inspirés par ce qui devait persister.

C’est dans ces invisibles que réside un peu de personnalité.

Que cette attention ne s’arrête jamais, qu’elle s’enrichisse comme un nouveaux sens de l’autre. »




13/05/25

Page 9 du catalogue Tous Ergo n°12, à coté des enfiles bas de contention on trouve les gants antidérapants pour bas de contention rose pétants. Donc un objets qui va aider l’habitant à coté d’un qui sera utilisé par l’aide soignant.e sans distinction entre les deux. L’enfile soutien-gorge page d’après à un gros cœur rose qui se positionne sur la poitrine mais n’ajoute absolument rien à l’usage de l’objet. Vous avez dit daté ? L’attache bracelet/collier à pour description un long manche doré esthétique.

Les collages m’interrogent sur ma capacité à penser à des objets sans avoir moi même ces incapacités ou vulnérabilité. Je me tourne alors vers Deana McDonagh et Joyce Thomas qui décrivent l’« empathic design » :

« Empathic research strategies are qualitative design research approaches (Fulton Suri, 2003) that build on the synergy of individuals developing relationships (Khuri, 2004). Using empathic methods such as ethnography, empathic modelling (for instance, designers without physical disabilities using wheelchairs and/or restricting their mobility or handgrip dexterity) and shadowing, designers gather a range of textual, verbal and visual data. Reflecting on this research and in dialogue with the life-expert-user, the designer incubates and imagines a design solution/outcome that refines, develops and/or matures what already exists. » Disability + Relevant Design: Empathic Design Strategies, Supporting More Effective New Product Design Outcomes, Deana McDonagh and Joyce Thomas, University of Illinois at Urbana-Champaign, USA, The Design Journal, VOLUME 13, ISSUE 2, 2010, PP 180–19

Le Empathic design se concentre sur les micro-adaptations, les émotions provoqués par les gestes quotidiens qui pourraient sans cela rester invisibles au designer mais qui ainsi demande un soin du détail, une attention à dévoiler un peu le quotidien.

Dans le cas des collages c’est un vas et vient entre des hypothèses, des confirmations par des entretiens et des recherches d’initiatives indépendantes de type fablabs et open source, donc on ne cherche pas de réponses efficaces ou immédiates mais des pistes pouvant amener à des adaptations et ajustements individuels par la suite.

Si on part d’expériences vécu, on s’interesse aux rapport de poids dans la main, à la sensation de la matière contre la peau, cette même peau qui peu être sensibilisée par les médicaments, ne pas supporter le froids, le rapport aux odeurs, et aux mécanismes intimes qui feront que l’objet rappelle d’autres choses connues.

Dans une interview Bill Gaver parle des résultats des cultural probes : « We don’t need to kind of re-present them. They are what they are, and what I find too is that it’s nice to work with the… raw materials because they force you to re-interpret them pretty much every time you look at them.»



12/05/25

En me baladant sur les sites d’ajustements en open source et augmentations d’aides techniques j’observe beaucoup d’objet réalisé par combinaison de deux objets existants. L’adaptation viens dans ces cas là du mélange de fonction d’un objets déjà existant dans le domicile avec un nouveau, soit prothèse soit un nouvel usage. Le mélange des deux paraît plus facile à accepter car il est de moitié déjà connu et plus facile aussi à mettre en œuvre et à financer. Il y a un état des lieux de l’existant qui vient être transformé, augmenter afin d’ouvrir les possibilités de compositions et combinaisons.


Contacter dans l’intimité, entrer dans les maisons: Je m’interroge alors que je reçois une réponse d’une association d’aidants à ma demande de rencontre : « Nous recevons beaucoup de demandes réponses à des questionnaires, de recherches ou de témoignages d’aidants pour des études sur des sujets spécifiques. Malheureusement nous ne pouvons pas les traiter ou les relayer pour ne pas sur-solliciter nos communautés. »
les associations et centres d’aides avec lesquels j’ai été en contact ne veulent pas s’engager par peur de brusquer les personnes, d’entrer avec quelque chose de nouveau vous de contraignant pour les personnes. Comment alors aller à leur rencontre ? On retrouve le paradoxe de l’intime et du quotidien, si près qu’on y pense pas, on ne le voit pas donc on ne me recommande pas de procheà rencontrer et le bouche à oreille est limité. Il faut donc trouver un moyen de mettre en confiance, de faciliter l’engagement, de convaincre rapidement de l’aspect utile du projet d’un point de vue design, et de ne pas donner de cadre trop académique car je n’ai en retour qu’un manque de confiance de la personne envers sa propre expérience, la jugeant pas assez pertinente ou intéressante.




09/05/25

Alors que je travaille sur les collages des objets imaginaires je me demande si je peux vraiment poser des hypotèses de chez moi, sans communiquer avec les personnes concernée dès cette première étape. Je m’appuie sur des bases de données telles que Galerie:Abandonnés — wikilab Myhumankit qui montre les projets en cours mais aussi abandonné dans lesquels on retrouve de nombreuses de mes pistes. Je note dans les projets abandonnés la veste bouillotte et me demande pourquoi elle n’a pas été terminée alors que l’idée semblait intéressante. Je base mes hypothèses également sur les manques soulignés par le croisement des tableaux, par le travail d’Edouard Bahr surtout.

Produits Handieasy - Innovations pour Autonomie et Accessibilité

Les produits proposés par Handieasy sont basé sur le principe de petites extensions d’objets qui permettent de continuer d’utiliser les objets quotidiens existants.




03/05/25

En comparant les trois tableaux ( aides techniques, objets quotidiens et ajustements d’Edouard Bahr) je me rends compte que certaines catégories n’ont presque pas d’adaptations existantes comme la catégorie accueillir par exemple, ou se cultiver. Je vais chercher si ce sont des manques de ma part mais si il n’existe pas d’objet c’est que ces activités sont négligée par les distributeurs ou reposent sur l’aide des aidants. Je note aussi que certaines cases vides dans le tableau des objets quotidiens sont remplies dans les ajustements ce qui signifie que les nouveaux besoins et vulnérabilité ont amenés de nouveaux objets qui n’existaient pas dans le quotidiens. Ce ne sont pas des objets existants adaptés, ajustés ou détournés, mais de nouveaux qui ont été soient retrouvé dans des pratiques plus anciennes soit inventé par les personnes en ayant besoin.




24/04/25

En remplissant l’inventaire des objets historiques de soin a domicile je me rends compte que certains objets dont j'ai les noms sont introuvables, ne/ sont pas visibles malgré mes recherches. Le rasoirs a mains avec guide par exemple, le cadre de maintien ou arceau de lit, le miroir de lit

entre les scalpels et autres écarteurs je fouilles dans le matériels des médecins pour trouver les objets de patients




23/04/25

L'inventaire des objets historiques ressemble plus à un cabinet de curiosités, objets aux noms latin, sans liens esthétiques entre eux, sorte de vaisselle alternative aux formes peu évidentes

Les gens sont intéressés car en leur racontant les objets oubliés je leur raconte une histoire, une évolution et pas un objet figé qui rappelle l'aspect définitif et figé du corps malade






21/04/25

alors que j’édite le livre des objets historiques de soin je me rends compte du point de leur noms qui soit ne peuvent être traduit, soit sont connoté dès qu’on les ramène à quelque chose de concret comme l’exemple de l’urinoir, soit n’ont que des appellations disparus ou informelles.